Assistants conversationnels : passez à l’échelle
74 % des entreprises françaises considèrent les chatbots comme un levier de transformation digitale et plus d’un tiers en ont déjà déployé un. En 2020, 80 % d’entre elles pourraient ainsi utiliser un assistant conversationnel. Un déploiement massif qui fait écho aux usages des consommateurs : 69 % privilégient en effet le bot à un échange humain. Principal avantage perçu : le gain de temps. Un atout non négligeable face à l’exigence du temps réel imposée par des marchés de plus en plus sous pression. Pour répondre à cette attente, les entreprises doivent accélérer l’automatisation de leurs processus métiers. Mais attention aux écueils lors du passage à l’échelle.
Automatisation métier – NLP : la genèse de l’agent virtuel
Si la technologie n’est pas un concept récent, elle atteint aujourd’hui une maturité suffisante pour favoriser un haut niveau de compréhension des besoins utilisateurs. Comment ? Grâce au traitement naturel du langage (NLP ou Natural Language Processing). Il devient ainsi possible d’échanger avec la machine et d’aboutir à une nouvelle technologie : l’assistant conversationnel. À la clé : la capacité à exécuter des scripts RPA et à automatiser un nombre croissant de questions à l’image de ClaudIA, l'assistante virtuelle des utilisateurs de Chorus Pro par l’AIFE (Agence pour l’Informatique Financière de l’État).
Lancé en 2017, le chatbot couvrait dès l’année suivante la totalité des thématiques rencontrées par les utilisateurs, et se montrait capable de traiter deux tiers des sollicitations. Objectif 2020 : atteindre 90 %. Il semble loin le temps où la banque en ligne suédoise Nordnet avait symboliquement "licencié" son bot, Amelia, pour incompétence… ou plus exactement son incapacité à répondre aux attentes client. La faute à un manque d’apprentissage. Résultat, le robot s’est rapidement révélé inapte à répondre aux questions qui lui étaient posées.
Comment créer le meilleur assistant conversationnel ?
C’est là que réside toute la complexité d’un assistant conversationnel : mal conçu ou insuffisamment "éduqué" en amont, il peut rapidement s’avérer contreproductif. C’est pourquoi il est indispensable de modéliser le dialogue, d’anticiper les différentes questions et de lui apprendre quelle réponse apporter.
Dès lors, cinq typologies d’assistants apparaissent : les bots e-commerce, les bots de support, les bots informationnels, les bots formulaires et les bots de recherche. Quels sont alors les éléments à prendre en compte pour créer votre assistant virtuel ? Première étape : repérer quelles sont les questions les plus fréquentes – via les FAQ, les tickets support par exemple. Une fois triées et catégorisées, vous devez automatiser 20 % d’entre elles (20 % des questions couvrant en moyenne 80 % de la volumétrie totale des demandes).
De l’expérimentation au passage à l’échelle
Une fois ces deux premières étapes effectuées, vous êtes prêts à passer à l’échelle. Néanmoins, prenez soin d’ancrer votre système dans un processus d’amélioration continue. En effet, le système ne peut vivre de lui-même et doit en permanence être optimisé afin d’enrichir le dialogue et d’apporter des réponses de plus en plus précises. Les trois règles d’or de votre assistant conversationnel ? Définir un persona, nommer votre bot et indiquer dès la connexion son périmètre d’intervention.
La technique ne peut résoudre à elle seule l’adoption des assistants virtuels. C’est par l’usage qu’ils vont se répandre et devenir indispensables. C’est pourquoi les entreprises se doivent de mettre en place des bots capables de communiquer avec l’ensemble des domaines et d’industrialiser l’expérience acquise. Elles doivent alors décider en amont de leur projet de séparer chaque système ou de déployer un maître bot qui agira tel un routeur capable, selon la question, d’orienter l’utilisateur vers le robot métier concerné. Un point critique que vous devez anticiper lors du passage à l’échelle au regard de la diversité et de la volumétrie de questions envisagées, et qui déterminera le succès de votre projet… ou son échec.
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